Nigéria : La Banque Mondiale et le FMI mettent en garde le gouvernement contre un endettement excessif

20 avr 2017

La Banque Mondiale a plaidé pour un certain équilibre entre les exigences de financement du processus de développement et la nécessité de garder le contrôle sur la soutenabilité de la dette publique dans les pays africains, dont le Nigeria en particulier.

S'exprimant du siège de la Banque Mondiale à Washington, Albert Zeufack, l'économiste en chef de la région Afrique, a déclaré que " la bonne nouvelle pour le Nigéria, c'est que le ratio de la dette par rapport au PIB reste faible mais celui de la dette par rapport aux recettes fiscales est déjà élevé " ; dans un contexte où la croissance économique moyenne du continent s'avère faible alors que bon nombre de pays ont urgemment besoin des réformes pour stimuler les investissements et lutter contre la pauvreté. " La restructuration budgétaire va être difficile et le gouvernement doit être attentif à la nécessité d'équilibrer les efforts de développement du pays avec une politique d'endettement modéré ", a-t-il également affirmé. En effet, il est important que des dépenses incompressibles en faveur du développement soient engagées par le secteur public, mais la soutenabilité d'un tel engagement public reste conditionnée à la création d'un cadre réglementaire propice à la hausse de l'investissement privé domestique et étranger dans les pays en développement du continent africain. A ce propos, l'économiste en chef a souligné l'importance de poursuivre les investissements en infrastructures, secteur où des lacunes importantes existent en Afrique ; tout en investissant de manière significative dans la région afin de renforcer le commerce intra-régional, de stimuler la création de nouveaux emplois et d'accélérer de facto la croissance des économies africaines. Au même moment, le Fonds monétaire international (FMI) a déclaré que 66 % des recettes fiscales du Nigéria sont consacrées au service de la dette, et a appelé le pays à augmenter les impôts. Catherine Patillo, directrice adjointe et chef de la division de la politique fiscale et de la surveillance du FMI, a indiqué que le Nigeria avait besoin d'un important assainissement budgétaire et d'une amélioration du système fiscal afin de garantir la soutenabilité de sa dette publique.