Namibie : la banque agricole lance un service de prêt sans garantie
Agribank a lancé un service de prêt sans garantie et d’autres produits afin d’élargir l’accès aux services financiers des agriculteurs en Namibie.
Agribank, la banque dédiée au financement de l'agriculture en Namibie, a lancé un produit de prêt sans garantie dans le but de faciliter l'accès au crédit pour les agriculteurs communautaires ne disposant pas de garantie conventionnelle. Le produit cible les agriculteurs communaux salariés qui ont la capacité de rembourser leurs prêts mais ne disposent d'aucune propriété immobilière dont ils peuvent faire usage comme garantie formelle dans le cadre d'un prêt bancaire. S'exprimant lors de l'évènement de lancement à Oshakati vendredi dernier, le directeur général d'Agribank, Sakaria Nghikembua, a déclaré que le "prêt sans garantie" est conforme au plan stratégique de la banque qui est axé sur la promotion à l'échelle nationale de l'inclusion financière des agriculteurs. L'inclusion financière de la population active du secteur agricole contribuera, entre autres, à l'augmentation de la production et à la sécurité alimentaires dans le pays. Lors de son allocution, le vice-président du conseil d'administration d'Agribank, Michael Iyambo, a précisé que la banque va signer des accords avec les employeurs afin de permettre les remboursements en les déduisant des rémunérations mensuelles des agriculteurs ayant contracté des prêts. Ainsi, tout en facilitant l'accès des agriculteurs aux services financiers, la banque entend réduire les risques de non-remboursement par des prélèvements directs sur leurs salaires, rendant inutiles les ordres de débit à la seule initiative des emprunteurs. En plus du prêt sans garantie, la banque a également introduit un produit d'assurance-vie pour les prêts agricoles afin de s'assurer qu'elle puisse recouvrer l'argent prêté en cas de décès d'un client qui est toujours débiteur vis-à-vis de la banque. Agribank a par ailleurs décidé de soutenir le financement des industries agro-industrielles, au-delà de son engagement initial sur le financement de la production primaire ; à savoir, le financement de l'acquisition de terres agricoles, l'achat de bétail, les intrants de production et la construction et l'extension des infrastructures agricoles. Cette nouvelle orientation vers l'agro-industrie a pour but de stimuler la productivité du secteur, créer davantage d'emplois stables et stimuler la croissance économique. Selon l'agence namibienne de statistique, la contribution de la production agricole primaire a baissé au cours des dernières années, passant de 5,3 % en 2007 à 3,5 % en 2016 ; tandis que la production secondaire, d'autre part, a contribué à approximativement 1 % du PIB. Les secteurs de la transformation de la viande et de la minoterie ont respectivement représenté 0,5 et 0,7 % du PIB sur la période 2007-2016. Il apparait ainsi que le secteur agricole namibien est dominé par la production primaire, dont la saisonnalité est un défi important en termes d'emplois soutenables et permanents selon Michael Iyambo. D'où l'intérêt des efforts entrepris par la banque agricole nationale pour stimuler la capacité d'emprunt des agriculteurs, leur productivité et la production agro-industrielle. Le directeur d'Agribank a indiqué que les prêts agricoles sans garantie varieront entre 5 000 NAD (375,28 USD) et 500 000 NAD (37528,35 USD) et sont remboursables sur une période de 12 à 54 mois.