Maroc : après l’achat de 1,4 milliard $ de bons de trésor sur le marché secondaire, la Banque centrale prévoit d’y retourner
Une semaine après sa toute première sortie sur le marché secondaire pour l’achat de bons de trésor, la Banque centrale du Maroc annonce une nouvelle opération de ce genre dans l’optique d'acheter des obligations de l'Etat pour contrer l’inflation qui pourrait atteindre 3,9 % en moyenne en 2023.
Bank Al-Maghrib, la Banque centrale marocaine prévoit de lancer ce lundi 16 janvier, un nouvel appel d’offres portant sur l’achat de bons de trésor (titre d’emprunt émis par l’Etat) sur le marché secondaire (marché où se négocient et s’échangent des titres financiers tels que des actions, obligations, émises sur le marché primaire).
Cette opération sera la deuxième du genre effectuée par l’institution d’émission monétaire du Maroc après celle du 9 janvier dernier. En effet, et ce pour la première fois de son histoire, la Banque centrale marocaine avait organisé, il y a une semaine, sa toute première opération d’achat de bons de trésor sur le marché secondaire. L’opération avait permis à Bank Al Maghrib d'acheter près de 15 milliards de dirhams (environ 1,4 milliard $). Les bons de trésor ainsi acquis ont une maturité moyenne de 6,5 mois et un taux de rendement moyen de 3,34 %.
Cette sortie de la Banque centrale sur le marché secondaire avait été annoncée par Abdellatif Jouahri, le Wali (gouverneur) de l’institution le 20 décembre dernier, en marge du dernier conseil de l’année 2022 de Bank Al Maghrib. Jouahri expliquait alors que la Banque centrale irait au marché secondaire en début 2023, si et seulement si les conditions étaient favorables, pour acheter des obligations de l’Etat. Cette opération, selon ce dernier, vise à réguler la liquidité et contrer l’inflation qui devrait se situer à 3,9 % en moyenne en 2023, selon des données de la Banque centrale.
« Si la Banque centrale procède à des achats d’obligations de l’Etat sur le marché secondaire, ce sera pour la première fois de l’histoire du pays », indiquait alors le Wali. Selon ce dernier, le Maroc avait déjà utilisé les réserves obligataires et relevé son taux directeur pour faire face à l’inflation. L’activation des deux instruments de politique monétaire (le taux directeur et les réserves obligataires) n’étant pas suffisante pour contrer l’inflation, la Banque centrale s’est donc tournée vers le marché secondaire.
Source: Agence Ecofin