Les transferts de fonds à destination des pays en développement baissent en 2016

21 avr 2017

En raison d’une croissance atone dans les pays de résidence, des effets de la baisse des cours des matières premières sur les devises locales et des réseaux informels, les transferts de fonds des migrants vers l’Afrique subsaharienne ont diminué d’environ 6,1% et s’établissent à 33 milliards de $ en 2016.

La dernière édition du " Migration and Development Brief " de la Banque mondiale montre une baisse tendancielle des flux de transferts d'argent en Afrique subsaharienne en 2016 ; tendance qui par ailleurs n'a pas été observée depuis au moins trois décennies. A titre d'illustration, le Nigéria et l'Egypte qui comptent parmi les principaux pays-récipiendaires du continent, ont enregistré en 2016 des baisses respectives de 10 % et 9,5 % des transferts de fonds des migrants. Cette baisse tendancielle des transferts de fonds se remarque également à l'échelle mondiale. En effet, l'Inde qui est le premier récipiendaire mondial des transferts de migrants a connu la plus forte baisse nominale, avec un gap de plus de 6 milliards de $ entre 2015 et 2016. Selon la Banque Mondiale, la tendance baissière des prix des hydrocarbures et la faiblesse de la croissance économique dans les pays du Golf et dans les nations occidentales industrialisées - accueillant principalement les migrants - ont négativement impacté les transferts de fonds à l'échelle internationale. L'institution précise également que la valorisation en dollar de ces flux financiers tend à aggraver la baisse enregistrée, en raison des dépréciations relatives de devises comme l'euro, la livre sterling et le rouble russe. En définitive, les transferts de fonds des migrants vers l'Afrique subsaharienne ont diminué d'environ 6,1% et s'établissent à 33 milliards de $ en 2016. "Les envois de fonds sont une source importante de revenus pour des millions de familles dans les pays en développement. A ce titre, l'affaiblissement des flux de transferts de fonds peut avoir d'importantes conséquences sur la capacité des familles à bénéficier de soins de santé, de services éducatifs et d'une alimentation correcte", a affirmé Rita Ramalho, la directrice du 'Global Indicators Group' de la Banque Mondiale. Le rapport a également recommandé des accords régionaux et bilatéraux qui traitent des problématiques liées aux migrations, afin d'élaborer un cadre normatif qui puisse servir de guide fonctionnel aux gouvernements des pays en développement et aux organisations internationales; dans le cadre de ce qu'il est convenu d'appeler le pacte mondial sur les migrations. La Banque mondiale le définit comme un " un instrument négocié à l'échelle internationale dans le but de permettre aux gouvernements et aux organisations internationales de catalyser les bienfaits des migrations tout en relevant les défis qui leur sont inhérents ".