Les Banques égyptiennes toujours menacées par le risque de change, selon Fitch

07 avr 2017

Les banques égyptiennes ont des difficultés à respecter les exigences réglementaires de capital minimum fixé à 11,25%, en raison des effets de la dévaluation de la livre égyptienne

Fitch Ratings a annoncé mardi dernier que certaines banques égyptiennes continuent d'éprouver des difficultés à respecter la norme prudentielle de capital minimum, fixé à 11,25%, en raison de la dévaluation depuis novembre 2016 de la monnaie égyptienne, étant donné leur forte exposition aux prêts en monnaie étrangère. La fragilité de la situation des banques a été attribuée au renchérissement du prix des actifs pondérés en monnaie étrangère; dans un contexte où la croissance des prêts accordés par les banques s'est élevée à 50 % en 2016. Les prêts en monnaie étrangère ont atteint un seuil significatif, se hissant à 44 % de l'encours total des crédits octroyés juste après la dévaluation de la livre égyptienne. "La dévaluation de la monnaie affaiblira également la qualité des actifs, ce qui a d'ailleurs nécessité la mise en place d'un processus de restructuration de la dette accordée aux petites entreprises, mais nous nous attendons à une modeste détérioration. Cependant, à notre avis, le ratio de crédits en monnaie étrangère/dépôts du secteur est faible, compte tenu du cadre opérationnel, avec une tendance à la détérioration ces dernières années ", a déclaré Fitch. Fitch Ratings estime que les autorités égyptiennes apporteront un soutien aux banques publiques en cas de détérioration de leurs fonds propres, semblable à l'intervention de la Banque Centrale d'Égypte (BCE) en 2016, lorsqu'elle a accordé des prêts à taux zéro aux banques publiques afin de les recapitaliser. Mais ces efforts de stabilisation du secteur pourraient être entravés par une faible flexibilité financière et des difficultés croissantes à emprunter sur les marchés. Avant la dévaluation de la livre sterling, les actifs des banques égyptiennes étaient de bonne qualité avec un taux moyen de prêts non-performants à 5,9%. En plus de la dévaluation de la monnaie, la BCE et les banques ont accepté de restructurer la dette en monnaie étrangère de certaines petites entreprises. La BCE prévoit également d'allouer 400 à 500 millions de $ aux banques afin de couvrir leurs engagements extérieurs et, en contrepartie, les entreprises rembourseront leur dette en monnaie locale à un taux d'intérêt de 12%.