L'élection de Donald Trump pourrait limiter l'accès de l'Afrique aux financements, selon l'ODI
Les pays avec des devises en dépréciation seront touchés par l'impact d'une hausse des taux d'intérêt US.
L'élection de Donald Trump pourrait empêcher de nombreux pays d'Afrique subsaharienne d'émettre des emprunts obligataires, selon l'Overseas Development Institute (ODI) britannique. Sa victoire garantit pratiquement une hausse des taux d'intérêt, plus tard ce mois-ci, par la Réserve fédérale américaine et ouvre la perspective de nouvelles augmentations des taux à l'avenir, ce qui pourrait avoir "plusieurs canaux de transmission" en Afrique subsaharienne, a déclaré l'institution dans un article repris par Public Finance International. Ces canaux de transmission pourraient se traduire par une élévation des coûts de financement à long terme pour les économies en développement et émergentes, ainsi que par une augmentation du coût de la dette existante. Des taux américains plus élevés pourraient également réduire la marge de manœuvre des pays souhaitant exploiter les marchés financiers mondiaux pour financer des infrastructures ou d'autres projets de développement. Les pays particulièrement vulnérables dans cette perspective seront le Nigéria, la Zambie et le Mozambique, pays dont les monnaies se sont fortement dépréciées suite à la baisse des prix du pétrole. L'ODI a déclaré que les effets des hausses des taux d'intérêt américains dans ces pays seront aggravés, augmentant encore plus le coût de la dette souveraine et de la dette des entreprises. L'institut estime que les économies africaines subsahariennes avec des secteurs financiers plus développés, comme le Kenya, ressentent déjà les effets de l'élection.