Le Cameroun doit cesser d’emprunter pour ses entreprises, estime la CMF
La Commission des Marchés Financiers (CMF) au Cameroun a encouragé le gouvernement à ne plus utiliser d'emprunts obligataires pour financer les sociétés du secteur industriel ou productif.
«Une telle approche financièrement peu orthodoxe est d'autant plus inopportune, qu'elle contredit la volonté de l'Etat , promoteur du marché financier camerounais, de développer ce marché par un enrichissement de la cote de la Douala Stock Exchange
», a déclaré la CMF, citée par l'agence Ecofin. L'État aura émis un total de 250 milliards de francs CFA (381,1 millions d’euros) de titres publics sur le marché de la BEAC en 2013. La CMF invite le gouvernement à encourager les entreprises ayant besoin de financement, à
s'adresser elles-mêmes directement au marché financier, en faisant un appel public à l'épargne. Cet appel intervient alors que les entreprises africaines ont de plus en plus recours à l’emission d’obligations «
corporate
» pour augmenter leur propre dette. Helios Towers Nigeria a récemment émis 250 millions de dollars (187,2 millions d’euros) d’obligations pour financer l’achat d’infrastructures de télécommunication, la première émission d’obligations d’entreprise du Nigeria en dehors des secteurs de la banque et du pétrole. Plus tôt cette année, la société marocaine OCP Group a émis 1,55 milliard de dollars d’obligations d’entreprises. «
Nous voyons de plus en plus d’émissions non souveraines à travers l’Afrique
», explique Nicholas Samara, un banquier de Citigroup, cité par le Financial Times. Les obligations d’entreprises sont un pari plus risqué pour les investisseurs que les obligations souveraines, mais offrent des rendements plus élevés.