La Tunisie va émettre son premier emprunt obligataire islamique

06 mar 2012

Le gouvernement tunisien envisage d'émettre ses premières obligations islamiques cette année, a annoncé Adnan Ahmed Yousif, PDG du groupe bancaire Al Baraka.

Le gouvernement tunisien envisage d'émettre ses premières obligations islamiques cette année, a annoncé Adnan Ahmed Yousif, PDG du groupe bancaire Al Baraka. « Je crois que la Tunisie a le potentiel pour devenir le hub de finance islamique pour l'Afrique. Le pays avance dans cette direction » a-t-il déclaré à Reuters. Cet emprunt obligataire pourrait favoriser la reprise de l'économie tunisienne mise à mal par les évènements du printemps dernier, en lui donnant accès aux fonds d'investissement islamiques des pays du golfe. Le secteur de la finance islamique pèse aujourd'hui près de 1000 milliards de dollars (766,5 milliards d’euros) et devrait atteindre 1800 milliards de dollars en 2016, selon des chiffres de la Banque Africaine de Développement. Cependant, en Afrique du Nord, ce type de financement reste encore peu développé, notamment à cause du développement limité des activités bancaires de détail,
de la faible familiarisation des clients potentiels avec les services bancaires islamiques et du manque de soutien de l’Etat, selon un rapport de la Banque Africaine de Développement, publié en décembre dernier. En Tunisie, le manque de cadre juridique spécifique à la finance islamique a contribué à freiner la progression des services bancaires islamiques, selon le site d'actualité Tunisia-Live. La Tunisie est en 23ème position en terme d'actifs respectant la Sharia, avec 0,8 milliards de dollars sur les 36 milliards (27 milliard d’euros) de ce type circulant dans le monde. Selon Slaheddine Kanoun, administrateur provisoire de la Banque islamique Zitouna, cité par le journal L'Economiste Maghrébin, la contribution de la finance islamique dans l'économie « se situe principalement au niveau de l’enrichissement et la diversification des ressources de financement ». Le rapport de la BAD révèle qu'il y a un potentiel de développement important pour la finance islamique en Afrique du nord et ajoute qu’elle peut contribuer à mettre en place un modèle plus inclusif favorisant un partage égal des risques et bénéfices entre fournisseurs et emprunteurs.