La BCEAO accepte les obligations islamiques aux guichets de refinancement

10 mar 2014

Le Comité de politique monétaire (CPM) a décidé mercredi dernier que les obligations islamiques que l'État sénégalais envisage d'émettre sur le marché financier régional seront désormais recevables aux guichets de refinancement de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO).

Le Comité de politique monétaire (CPM) a décidé mercredi dernier que les obligations islamiques que l'État sénégalais envisage d'émettre sur le marché financier régional seront désormais recevables aux guichets de refinancement de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO). Thiemoko Meyliet Koné, le gouverneur de la BCEAO, a déclaré que «
ce ne sont pas seulement les États qui ont soulevé le problème de la finance islamique, d'une façon générale, les plus hautes autorités de l'Union ont souhaité que la finance islamique puisse, en même temps que la finance traditionnelle, prendre le relais pour le financement de certaines activités
», rapporte le journal Le Soleil. Cette décision vise à promouvoir de nouveaux instruments de financement des économies de l'Union tout en s'inscrivant dans la dynamique de la diversification des produits à même de favoriser l'approfondissement du marché financier régional et l'attrait des investisseurs. Le Sénégal va ainsi pouvoir émettre des obligations islamiques (sukuks) d'un montant de 100 milliards de francs CFA (152,5 millions d’euros) en 2014, comme annoncé il y a quelques mois.
Si au cours des dix années, c’est en Asie du Sud-est et au Moyen-Orient que la finance islamique a enregistré la plus forte croissance, les institutions proposant des types de financements compatibles avec la charia s’attèlent également de plus en plus à pénétrer les marchés africains.
La Banque Islamique de Développement (BID) et sa filiale du secteur privé, ICD, ont procédé à des investissements dans plusieurs marchés ouest-africains. Elles ont par exemple racheté 68,7 pour cent des parts de la Banque Islamique du Sénégal (BIS) en 2009, rapporte le Oxford Business Group. La population sénégalaise à 94 pour cent musulmane et le faible taux de pénétration des services financiers dans le pays jouent un rôle clé dans le développement de la finance islamique dans le pays. Ce type de financement attire en effet les foyers ruraux à faibles revenus souhaitant contracter des prêts sans intérêts.