La BAD appelle les gouvernements africains à renoncer aux eurobonds

01 sep 2016

Elle estime que "d'énormes quantités de capitaux" sont disponibles plus localement.

Le président de la Banque africaine de développement a exhorté les gouvernements africains à se détourner des marchés financiers internationaux pour se concentrer sur l'expansion de leur assiette fiscale, alors que le continent fait face à un ralentissement économique causé par la chute des prix des matières premières et le ralentissement en Chine.

Akinwumi Adesina a déclaré au Financial Times que l'Afrique est confrontée à des défis plutôt qu'à une crise de la dette, mais estime « qu'il doit y avoir beaucoup plus de consolidation budgétaire ».

L’augmentation des dettes publiques s’est accélérée de manière significative au cours des dernières années dans la plupart des pays africains, notamment en raison du recours aux émissions d'obligations sur les marchés régionaux et internationaux pour financer les infrastructures et équilibrer les budgets.

Les gouvernements africains ont vendu un total de 12 milliards de dollars (10,8 milliards €) en eurobonds l'an dernier, comparé aux 26,5 milliards de dollars entre 2006 et 2014, selon la Banque africaine de développement.

Akinwumi Adesina a déclaré qu'il était risqué pour les gouvernements d'emprunter à l'étranger dans la mesure où de nombreuses monnaies africaines s'affaiblissaient et que la Réserve fédérale américaine semblait prête à de nouveau relever ses taux d'intérêt cette année.

Il estime que les gouvernements devraient plutôt chercher à élargir leur assiette fiscale et à améliorer l'efficacité de l'administration des impôts pour stimuler leurs finances publiques, étant donné que le ratio impôts-PIB en Afrique subsaharienne se situe à environ 14,5 pourcent, contre plus de 30 pourcent dans les pays les plus développés.

« Au lieu d'émettre beaucoup d'Eurobonds, les pays africains devraient se tourner vers les énormes quantités de capitaux disponibles localement pour le développement de l'Afrique. Davantage doit être fait pour élargir l'assiette fiscale en Afrique », a-t-il déclaré.