Finance Islamique: La Mauritanie met en place une réglementation "spécifique"

19 avr 2012

Le gouverneur de la Banque centrale de Mauritanie (BCM), Sid’Ahmed Ould Rais, vient d'annoncer la mise en place de réformes afin d'offrir "un nouveau cadre juridique et réglementaire spécifique aux produits de la finance islamique", rapporte l'agence de presse PANA.

Le gouverneur de la Banque centrale de Mauritanie (BCM), Sid’Ahmed Ould Rais, vient d'annoncer la mise en place de réformes afin d'offrir "un nouveau cadre juridique et réglementaire spécifique aux produits de la finance islamique", rapporte l'agence de presse PANA. Il a fait cette déclaration lors d'un forum sur le financement islamique qui a débuté dimanche dernier à Nouakchott sous le thème "le financement islamique et le développement des petites et moyennes entreprises en Mauritanie et au Maghreb". Le gouverneur a expliqué a l'agence PANA que toutes les banques mauritaniennes sont actuellement dotées de guichets pour les produits de la finance islamique, mais que ceux-ci fonctionnent sur une base juridique issue des règles du système bancaire classique. Une situation qui constitue selon lui " un frein à la bancarisation compte tenu de la mentalité musulmane mauritanienne réfractaire à la spéculation". Le secteur de la finance islamique pèse aujourd'hui près de 1000 milliards de dollars (766,5 milliards d’euros) et devrait atteindre 1800 milliards de dollars en 2016, selon des chiffres de la Banque Africaine de Développement (BAD). Cependant, en Afrique du Nord, ce type de financement reste encore peu développé, notamment à cause du développement limité des activités bancaires de détail,
de la faible familiarisation des clients potentiels avec les services bancaires islamiques et du manque de soutien de l’Etat, selon un rapport de la BAD intitulé "Islamic Banking and Finance in North Africa", publié en décembre dernier. Seules 24 opérations de financement islamique de projets ont été approuvées jusqu'ici en Afrique du Nord, pour un montant total de plus de 2,4 milliards de dollars. La BAD estime cependant qu'il y a un potentiel de développement important pour la finance islamique en Afrique du Nord et qu’elle peut contribuer à mettre en place un modèle plus inclusif favorisant un partage égal des risques et bénéfices entre fournisseurs et emprunteurs. Cette méthode de financement se présente également comme une solution viable pour améliorer l'accès aux services bancaires en Mauritanie,
où seules 150 000 personnes disposent d'un compte bancaire sur une population de trois millions d’habitants, selon des chiffres de la BCM.