Finance islamique : Est-elle sur le point de décoller en Afrique sub-saharienne?

06 sep 2013

Pour l’instant un marché de niche, le secteur de la finance islamique pourrait se développer rapidement au cours des prochaines années en Afrique.

Le secteur de la finance islamique pourrait se développer rapidement au cours des prochaines années en Afrique. Bien que les actifs financiers des banques islamiques aient atteint 1,3 milliards de dollars fin 2012, l’industrie reste peu développée en Afrique. Mais il semblerait que cela soit en train de changer, comme en témoigne l’intérêt suscité par une conférence sur le sujet récemment à Nairobi. Le responsable du département banque islamique à Standard Chartered, Wasim Saifi, a expliqué au journal Ghana Busines News que ce secteur pourrait atteindre dix pourcent des actifs bancaires dans les prochaines années, dans cinq ou six pays d’Afrique sub-saharienne, en particulier au Kenya et au Nigéria. Ceci représenterait un développement relativement rapide,
étant donné que les premières licences n’ont été accordées au Kenya qu’il y a six ans. Les banques islamiques y représentent actuellement deux pourcent du marché. Il existerait une réelle demande des consommateurs africains pour des services financiers conformes à leur foi, et les gouvernements et organismes règlementaires cherchent maintenant à faciliter le développement du secteur. Les emprunts obligataires islamiques, ou sukuk, sont également populaires. Le Nigeria a récemment autorisé une première émission. Le gouvernement y voit un important moyen de financer de futures infrastructures. En ce qui concerne le secteur bancaire, un premier établissement ne chargeant pas d’intérêts a commencé à opérer l’année dernière dans ce pays. Les banques conventionnelles ont également été autorisées à proposer des produits ne portant pas d’intérêts. L’Ouganda et la Tanzanie suivent un processus similaire.