Avis d’expert : En RDC, lutter contre la pauvreté passe par la bancarisation des populations

23 juin 2015

Dans cette interview, le consultant Christian Kazumba explique comment des services bancaires adaptés ainsi que l’instauration de relations de confiance entre acteurs économiques et banques facilitent le développement économique.

Le taux de bancarisation en RDC est de 4 pour cent. La moyenne dans les pays d’Afrique subsaharienne se situe plutôt entre 10 et 12 pour cent. Plus de 95 pour cent des Congolais ne possèdent toujours pas de comptes bancaires. Et le montant global des crédits bancaires accordés à l’économie congolaise représente à peine 6 pour cent du PIB (trois fois moins que la moyenne subsaharienne).

La sous-bancarisation de la RDC s’explique tout d’abord par la structure de la population : sa jeunesse, la moitié de la population ayant moins de 16 ans ; son faible niveau d’éducation, le taux d’analphabétisme étant compris entre 25 et 30 pour cent selon l’UNESCO ; son niveau de vie, 88 pour cent de la population vivant avec moins de 1,25 USD par jour et un indice de développement humain parmi les plus faibles du monde. Néanmoins, depuis la fin des conflits et la stabilisation macro-économique en 2010, les investisseurs et opérateurs étrangers s’intéressent au pays.

Parmi les solutions proposées, une tarification beaucoup plus faible des services bancaires semble possible du fait de la rentabilité actuelle des banques dans le pays. Et de façon plus générale, une communication plus efficace, tant du point de vue des banques que des pouvoirs publics, serait souhaitable, ainsi que la généralisation de la bancarisation de la paie.