Afrique : Les banques européennes face à l'expansion des banques locales

23 avr 2015

Les banques marocaines détiennent près du tiers des agences en Afrique francophone.

La récente expansion de groupes bancaires locaux en Afrique menace les acteurs européens implantés de longue date, selon les experts.

Cette expansion intervient alors que les banques d'Afrique subsaharienne peuvent s'attendre à une progression de leurs revenus de 15 à 20 pour cent, selon une récente étude du cabinet de conseil en stratégie Bain & Company.

La région bénéficie en effet d'un taux de croissance de huit pour cent alors que le taux de bancarisation ne se situe qu'entre 20 et 40 pour cent selon les pays, ce qui laisse une forte marge de progression.

Alors que les banques européennes ont une forte présence en Afrique, les banques marocaines comme Attijariwafa, la BMCE et la Banque centrale populaire (BCP) sont en passe de prendre le dessus.

Celles-ci détiennent par exemple près du tiers (30 pour cent) des agences en Afrique francophone, quand BNP Paribas et SocGen sont autour de 15 pour cent, selon le cabinet Nouvelles Donnes.

À l'est, des banques comme UBA, PTA Bank ou Ecobank renforcent leur présence. Ecobank a triplé de taille ces sept dernières années, passant de 400 agences en 2007 à un peu plus de 1200 aujourd'hui, alors que le groupe Kenyan PTA Bank vient d'annoncer son expansion à travers dix pays africains.

Pour contrer l'émergence des banques locales, plusieurs banques européennes, comme BPCE et BNP Paribas, ont annoncé des plans de développement. Le groupe bancaire français Société Générale vient notamment d'annoncer son intention d'allouer quatre milliards d’euros de fonds propres supplémentaires à ses activités africaines jusqu’à 2016.

Cependant, «
les banques françaises n'ont pas la même agilité sur le terrain pour aller chercher ces typologies de clients qu'elles connaissent moins bien que certains acteurs locaux
», souligne Georges Ferré, du cabinet de conseil Roland Berger.justcopyright.gif