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Quelles leçons tirer de l'expérience des pays africains sur les marchés financiers internationaux ?

22 juin 2017 | Banque de France | Banque de France

Depuis la crise financière internationale, dans un contexte d’ample liquidité sur les marchés mondiaux et de faibles rendements, l’intérêt des investisseurs internationaux pour les marchés africains, vus comme marchés « frontières » à haut rendement, s’est rapidement accru. Le montant des émissions souveraines des pays d’Afrique sub-saharienne (hors Afrique du Sud) sur les marchés internationaux est passé de 1,5 Md de dollars en 2011 à environ 7 Mds en 2014 et 2015. Au total, en cinq ans, quatorze pays ont émis 20 Mds d’eurobonds. Dans la Zone franc, les émissions des « eurobonds » sont demeurées limitées à cinq pays : la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Cameroun, le Congo et le Gabon. Si les premières émissions réalisées par le Congo (2007), le Gabon (2007) et la Côte d’Ivoire (2010) avaient pour but un simple reprofilage de la structure de leur dette, celles-ci ont augmenté et, en 2015, le stock d'eurobonds ivoiriens sur le marché a même atteint 4,25 milliards de dollars US, soit le montant le plus important en Afrique subsaharienne (hors Afrique du Sud). Les obligations in-ternationales émises par les pays de l’UEMOA et de la CEMAC ont été largement sursouscrites, traduisant l'appétence des investisseurs, notamment anglo-saxons.