Les grandes banques africaines resteront rentables malgré la covid-19, mais à des degrés divers (Moody's)

17 juin 2021 | Agence Ecofin

En 2020, les banques nigérianes ont connu une solide rentabilité, du fait d’une politique de provision des risques plus souple. En 2021, les grands groupes bancaires africains profiteront de la reprise globale, et au Nigeria, on risque de voir reculer les profits.

Les grandes banques africaines en termes de valeurs boursières et qu'on retrouve principalement en Afrique du Sud, au Kenya, au Maroc et au Nigeria, vont demeurer rentables en 2021, malgré le difficile épisode de la covid-19 qui a conduit à une hausse des provisions pour risques de crédit, a appris l'Agence Ecofin d'un rapport publié par l’agence de notation Moody’s ce jeudi 17 juin.

« Nous nous attendons à ce que la baisse des provisions en Afrique du Sud, au Kenya et au Maroc augmente la rentabilité des banques cette année, bien que les ressources qui seront affectées aux provisions des risques soient supérieurs à leur moyenne sur 10 ans », peut-on lire dans le document. Le Nigeria fait par contre exception. Moody's y prévoit une baisse du rendement des actifs, du fait de la hausse attendue des provisions sur les risques.

En effet, le secteur bancaire nigérian a surpris en 2020 en terminant sur une solide rentabilité. Mais cette résilience de la marge bénéficiaire a surtout été le fait des restructurations de prêts, qui ont limité le poids des créances en souffrance ou à risque. Mais en 2021, il est prévu que ces restructurations arrivent à leur terme, et que le risque de crédit réel soit perceptible.

Les créances douteuses se sont accrues en 2020 dans le top 20 des banques cotées sur les bourses africaines, peut-on constater à la lecture des données financières disponibles sur la plateforme Capital IQ. Ces données indiquent que les créances douteuses ont augmenté le plus fortement au Kenya, dépassant la moyenne de 10 ans.

Pour le moment, la valorisation boursière du top 20 des banques africaines cotées a progressé de 6,5 milliards $, selon des calculs de l’Agence Ecofin. Derrière cette performance globale se cache un repli boursier des grosses banques du Nigerian Stock Exchange.

Source: Agence Ecofin