Afrique Centrale: Octroi de crédit - La Banque centrale veut limiter les risques

29 avr 2021 | Cameroon Tribune - All Africa

Un bureau d'informations moderne va être mis en place pour une meilleure prise de décisions relatives aux emprunts.

La sous-région Afrique centrale disposera bientôt d'un bureau d'informations sur le crédit (Bic) régional. La Banque des Etats de l'Afrique centrale (Beac) vient de lancer à cet effet un avis de pré-qualification pour la sélection d'un partenaire technique et stratégique pour la mise en place de cette structure. Il s'agira, au terme de cette procédure, d'avoir un investisseur approprié qui travaillera avec la Beac, la Cobac et les acteurs du système financier pour établir, détenir, gérer et exploiter un Bic adapté aux besoins des fournisseurs et des utilisateurs d'informations sur le crédit dans la Cemac. Le Bic est en fait une société agréée qui a pour activité principale, la production et la commercialisation des synthèses d'informations et autres données, renseignant sur l'identification et les antécédents financiers des agents économiques sollicitant des prêts. Il s'agira donc de collecter des informations dans le paysage financier de la Cemac qui se résume à fin 2020 à 60 établissements de crédit (51 banques et 9 établissements financiers), près de 864 établissements de microfinance mais aussi les établissements de paiement récemment autorisés à octroyer des crédits.

Actuellement, les sources d'informations sur le crédit pour les prêteurs opérationnels dans la sous-région sont la centrale récapitulative des risques bancaires de la Beac, périodiquement alimentée par les établissements de crédit, la Centrale des bilans de la Cemac lancée en 2018 et la Centrale des incidents de paiement. Il y a aussi la centrale des risques des établissements de microfinance pilotée par le Conseil national du crédit du Cameroun et uniquement ouverte aux institutions Financières implantées au Cameroun, « Bien que contenant des informations utiles à l'évaluation du risque de crédit, ces différentes centrales d'information financières ne sont pas en mesure de proposer au secteur du crédit des services de Credit reporting avancés. Il existe donc un besoin commercial impérieux d'un Bic moderne et fiable pour améliorer la qualité de la prise des décisions relatives au crédit, élargir l'inclusion financière et la base des clients emprunteurs, améliorer les performances en termes de risque de crédit et réduire les pertes sur prêts », peut-on lire dans le document de la Beac.

Pour Dr Nabil Ndikeu, économiste, « avec une meilleure information sur les profils des emprunteurs, les banques pourraient être en mesure de mieux évaluer les risques de non-remboursement, et ainsi augmenter leur stock de prêts à l'économie». Aussi, indique-t-il, les informations et données fournies par les Bic sont de nature à réduire les diligences et procédures, que les établissements de crédits mettent en œuvre pour s'assurer de la solvabilité de leurs emprunteurs. En même temps, il insiste sur la nécessité des autorités de régulations de prévenir les risques d'usage pervers des informations et données commercialisées par les Bic.

Source: All Africa