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Le Bitcoin, une monnaie pour l’Afrique?

12.12.2017

 | Source:  Agence Ecofin

Le Bitcoin défraie la chronique. Sa montée en flèche depuis le début de cette année attise convoitise mais également nourri les inquiétudes. Jeudi, le cours de la monnaie virtuelle franchit la barre des 15000 $, et établit un nouveau record.

Ceci dans une atmosphère qui où de grands financiers comme le président de la plus vieille banque britannique, RBS, donnent dans la poésie et associe son envolée à un passage de «l’enfer» de Dante. «Tout ce que les autorités peuvent faire, c'est de brandir une pancarte avec une phrase de l'Enfer de Dante: 'Toi qui entre ici abandonne toute espérance'», a ainsi déclaré Howard Davies, président du conseil d'administration de la banque, interrogé par Bloomberg.

Longtemps victimes de regards condescendants, la monnaie virtuelle semble désormais prendre ses quartiers dans le cœur même des hautes sphères de la finance. Bien qu’ayant été depuis longtemps étiquetée en tant qu’actif hautement spéculatif entretenant une bulle à implosion imminente, la monnaie étonne. Déjà l’implosion tant attendue n’est jamais arrivée, mais en plus, la monnaie continue de se renforcer, soutenue par la Blockchain. La technologie sous-jacente au Bitcoin a attiré des milliards de dollars en capital-risque, et suscité l'intérêt de presque toutes les banques internationales et l'attention des gouvernements du monde entier.

… mais qu'est-ce qu'une crypto-monnaie?

Pure création du 21ème siècle, les crypto-monnaies, dont le Bitcoin est aujourd’hui la plus en vue, sont des actifs virtuels qui allient d'énormes puissances de calcul et un réseau de serveurs sur lesquels se stockent des données partagées. Ici, la notion de serveur se confond à un client (simple ordinateur doté d’un processus conséquent). Contrairement aux devises ou monnaies classiques, les crypto-monnaies sont décentralisées, ce qui signifie qu'elles ne sont émises ou garanties par aucune banque centrale et ne relèvent donc pas de la compétence des régulateurs étatiques ou d’une union monétaire. D’ailleurs, le contexte dans lequel est né le Bitcoin, semble bien montrer le ras-le-bol face aux interventions hasardeuses des pouvoirs publics ou des autorités monétaires dans les années 2006-2008. Le Bitcoin nait en 2009 à la sortie de la crise financière. La philosophie de cette monnaie porte à croire que son créateur (ou ses créateurs, car il existe à ce jour un mystère non élucidé sur le père du Bitcoin), « Satoshi Nakamoto », avait à cœur de se défaire d’un système qui a montré de grandes failles, tant sur le plan éthique, humain que financier. L’instrument monétaire n’a jamais été autant démocratisé.

Le Bitcoin nait en 2009 à la sortie de la crise financière. La philosophie de cette monnaie porte à croire que son créateur avait à cœur de se défaire d’un système qui a montré de grandes failles, tant sur le plan éthique, humain que financier.

Mieux, ces devises (qui se réclament comme telles), sont protégées contre le piratage, la duplication, et la falsification grâce à un algorithme cryptographique éprouvé à maintes reprises. Elles peuvent être converties en devises classiques, l’action pouvant s’effectuer sous pseudonyme, ce qui suscite bien des critiques.

A la découverte de la révolution Blockchain

Comprendre l’excitation d’aujourd’hui autour du Bitcoin passe nécessairement par une revue de la Blockchain. La technologie peut paraitre difficile à cerner. La Blockchain, francisée « chaine de blocs », est une base de données, distribuée, décentralisé, librement accessible à toutes les parties impliquées dans la chaine de transaction via Internet. La technologie a cette capacité de sécuriser les informations, d’enregistrer de manière permanente les transactions qui ont lieu sur le réseau afin d’éviter les fraudes et de transférer instantanément les actifs.

Les données sont stockées sur de nombreux ordinateurs dans le monde entier. Le principe « communautariste », prend tout son sens. Les internautes appelés « mineurs » offrent une partie de la puissance de leur processeur pour traiter les transactions moyennant rétribution. Non seulement utilisée par le Bitcoin, la blockchain a plusieurs autres applications dans les secteurs classiques de l’économie tels que les levées de fonds (Initial Coin Offer, par exemple), les transferts d’argent, le foncier, les assurances…

Mais… des fortunes diverses en Afrique

Bien que le Maroc et l’Algérie aient tous deux, interdit l’utilisation des crypto-monnaies sur leur territoire, les qualifiant « d’opaques », au Zimbabwe, investir dans le Bitcoin est devenu non seulement un matelas de sécurité contre la pénurie de dollars et l’hyperinflation mais également un pari gagnant, tout du moins pour l’instant. Dans le pays d’Afrique australe, la monnaie virtuelle grimpe nettement plus vite qu’ailleurs dans le monde.

Le lundi 27 novembre sur la plateforme locale d’échange (golix.com), les cours ont franchi la barre de 17 000 $ alors que les cours mondiaux étaient encore inférieurs aux 10 000 $. Dans ce pays, ancien grenier de l’Afrique, la monnaie virtuelle la plus connue au monde, le Bitcoin, semble prendre le pas sur la devise ayant actuellement cours, le dollar américain.

Au Zimbabwe, investir dans le Bitcoin est devenu non seulement un matelas de sécurité contre la pénurie de dollars et l’hyperinflation mais également un pari gagnant, tout du moins pour l’instant.

Citons également BitPesa, une start-up proposant des services de transactions financières via Bitcoins, qui est déjà présente au Kenya, en Tanzanie, au Nigéria et en Ouganda. Au Nigéria, Bitstake fournit des services similaires à ceux de Bitpesa. En Afrique du Sud, la startup Bankymoon fournit des passerelles de paiement Bitcoin aux fournisseurs, leur permettant d'accepter des paiements. La Fintech sud-africaine Prosperiprop vient de lever l’équivalent de 200 000 $ via une ICO (offre publique initiale de crypto-monnaies). Lire la suite sur Agence Ecofin.

Source: Agence Ecofin