Financement des PME et crédit-bail

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Les petites et moyennes entreprises (PME) jouent un rôle vital dans le développement économique, par l’accroissement de la concurrence, la promotion de l’innovation et la création d’emplois. Dans les pays africains, tout comme dans bon nombre d’autres économies en développement et en transition, les PME emploient la majorité de la main-d’œuvre. Toutefois, en Afrique, la contribution des PME au PIB est bien plus modeste que partout ailleurs dans le monde. En effet, la part des PME dans le PIB atteint jusqu’à 50 % dans les pays à revenu élevé, contre une moyenne de moins de 10 % en Afrique.

Il y a plusieurs critères de classification des PME. Ces critères portent soit sur le volume des prêts, soit sur la propriété, le chiffre d’affaires ou le nombre d’employés. Toutefois, les banques commerciales classent les entreprises dans la catégorie des PME sur la base des ventes annuelles qui constituent un indicateur plus facilement observable et indirectement révélateur du niveau des activités opérationnelles d’une PME. À ce titre, un tel indicateur est donc plus utile pour les banques dans leurs opérations et leur gestion des risques. Le seuil appliqué par les banques pour les ventes annuelles varie d’un pays à l’autre, en fonction de la taille de l’économie et de la structure du secteur des entreprises.

Sur le continent, les PME sont confrontées à plusieurs défis en matière de croissance, qui varient des environnements macroéconomiques peu favorables aux barrières administratives et à la bureaucratie. Toutefois, le plus grand obstacle demeure peut-être leurs capacités limitées à avoir accès aux services financiers.

Les financements bancaires à long terme habituels sont généralement inaccessibles pour les PME, faute de garanties, ce qui rend les actifs mobiliers peu sûrs pour l’accès au crédit, dans la plupart des pays du continent. Cette situation, ajoutée au niveau élevé des coûts de transaction liés à l’obligation de vigilance, amène les banques commerciales à continuer de privilégier les prêts aux marges, les entreprises bien établies et les sociétés multinationales. Le capital-risque ne constitue pas non plus souvent une option, dans la mesure où les financiers potentiels invoquent le manque de possibilités pour des participations dans les PME, à des taux de rendement justifiant les risques courus.

Le crédit-bail pour les biens d’équipement est une importante solution de rechange, par rapport aux moyens habituels de financement, en particulier pour les entreprises plus petites qui n’ont pas une tradition de crédit ou qui ne disposent pas des garanties requises pour avoir accès aux formes habituelles de financement. Dans le crédit-bail, le fournisseur ou bailleur détient la propriété du bien d’équipement et autorise le client ou locataire à utiliser ledit bien d’équipement, moyennant des paiements périodiques. Ce type de financement permet au locataire d’avoir accès à un bien d’équipement qui aurait été autrement hors de sa portée, tout en garantissant au bailleur la reprise de possession d’un tel bien d’équipement, en cas de défaut. En conséquence, le crédit-bail est généralement associé à des coûts de transaction moins élevés, par rapport aux prêts, et le crédit-bail, le cas échéant, peut également être une option de financement attrayante pour les petites entreprises rurales et agricoles.

Sauf en Égypte, au Maroc, en Tunisie, au Nigeria et en Afrique du Sud, le marché du crédit-bail se trouve aux stades initiaux de développement en Afrique, avec des taux de pénétration oscillant entre 1 % et 5 % (contre une moyenne mondiale de 20 %). Comme pour toute autre industrie se trouvant au stade initial de son développement, le crédit-bail est caractérisé par l’absence d’un environnement opérationnel favorable, dans la mesure où les cadres de taxation, de règlementation et de législation ne sont pas encore adaptés aux exigences du secteur.