Financement des PME

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Les Petites et Moyennes Entreprises (PME) dominent le secteur privé africain. Selon les estimations, les contributions des PME au PIB, micro-entreprises incluses, s’élèveraient à plus de 30 % et atteindraient 50 %, voire plus, dans certains pays lorsque le secteur informel est inclus.

En dépit de leurs rôles socioéconomiques majeurs, les PME africaines sont pourtant confrontées à plusieurs défis et obstacles qui entravent leur croissance et leur développement. Citons notamment les questions générales liées à l’instauration d’un environnement propice, englobant le macro-environnement (stabilité politique, politiques macroéconomiques, etc.), les cadres juridique et administratif (politiques fiscales, règles commerciales, formalités administratives, corruption, etc.), le mauvais état des infrastructures et des équipements et la faiblesse des structures de gouvernance. Le manque d’accès au financement reste l’un des obstacles les plus importants qui entravent la création, la croissance et la survie des PME en Afrique. D’après les Enquêtes auprès des entreprises de la Banque mondiale, plus de 25 pour cent des sociétés africaines considèrent que l’accès au financement et son coût sont les obstacles les plus importants, près de deux fois plus qu’en dehors de l’Afrique. Le financement est également cité comme un obstacle dans des sondages menés par la Banque Mondiale. On estime qu’en Afrique subsaharienne plus de 60 % des Micro-, Petites et Moyennes Entreprises (MPME) ont besoin d’un prêt et ne peuvent pas l’obtenir, contre moins de 40 % en Amérique latine et 20 % en Amérique du Nord et en Europe, ce qui crée un déficit de financement dépassant 33 331 milliards d’USD (IFC et McKinsey, 2010).

L’accès au financement est non seulement un obstacle déclaré par les répondants, mais il devient aussi une contrainte à la croissance, en particulier pour les entreprises plus petites et les marchés financiers peu profonds (Beck, Demirguc et Maksimovic, 2005). C’est une contrainte plus pénalisante que d’autres comme la corruption ou les infrastructures (Ayyagari, Demirguc-Kunt et Maksimovic, 2008).

Défis

En Afrique, l’accès des petites entreprises au financement varie considérablement entre les pays. D’après les Enquêtes auprès des entreprises, seuls 3 % des entreprises de Guinée-Bissau ont un prêt formel, contre 53 % à Maurice. Dans bon nombre d’économies plus développées sur le plan financier, la part des entreprises qui ont accès à un prêt est plus importante. Toutefois la relation n’est pas linéaire et on observe de nombreuses valeurs aberrantes. Par exemple, en Afrique du Sud, pays dont le système financier est souvent considéré comme le plus développé du continent, 34 % des entreprises ont accès à un prêt bancaire formel, contre 35 pour cent au Burundi, où le système bancaire est rudimentaire. Il convient de noter l’absence de corrélation entre la taille des entreprises (grande-petite) et la part globale des entreprises qui ont accès à un prêt bancaire formel dans les pays africains (T. Beck, R. Cull. SME Finance in Africa [Financement des PME en Afrique], 2014).

Les efforts visant à débloquer le financement en faveur des PME ont impliqué généralement les lignes de crédit offertes par les organismes de développement et les institutions financières internationales (IFD/IFI) aux banques afin qu’elles consentent des prêts aux PME. Les gouvernements ont également mis en place des dispositifs spéciaux comme les banques nationales de développement et les programmes de garantie en vue de favoriser le financement des PME. Globalement, les résultats ont été décevants et de nouvelles approches sont nécessaires pour financer le secteur africain des PME.

Certaines banques ont récemment déployé des techniques novatrices comme les modèles de notation du risque pour augmenter le nombre de prêts accordés. Toutefois, les taux d’intérêt élevés et les coûts de transaction élevés, associés à l’obligation de vigilance raisonnable, continuent de rendre le coût de l’emprunt onéreux pour les PME et freinent l’utilisation du financement bancaire.

Nous avons identifié les raisons suivantes comme principaux obstacles au développement d’un secteur efficient du financement des PME:

  • Les compétences insuffisantes au sein des banques en matière d’évaluation du risque des PME, que les banques tentent de compenser en exigeant des garanties importantes.
     
  • L’absence de garanties requises et de mécanismes adéquats d’enregistrement des garanties pour pouvoir accéder efficacement aux prêts disponibles aux prix du marché.
     
  • Les insuffisances des cadres juridique et réglementaire qui rendent difficiles de faire respecter les contrats et de saisir les garanties.
     
  •  La discrimination à l’égard des PME possédant certains attributs, à savoir les entreprises appartenant à des femmes (par ex. : en raison des problèmes supplémentaires de garanties rencontrés par les femmes), les nouvelles entreprises (les PME qui n’ont pas de bilan obtiennent peu ou aucun financement), les entreprises rurales sans relations (parrainage) ou affiliation (politiques).
     
  • L’absence de capacités de gestion ou d’absorption pour utiliser à bon escient le capital disponible et les problèmes de gouvernance. Ceci englobe les questions liées à l’insuffisance des compétences commerciales et aux ressources humaines, ainsi que les lacunes en matière de technologie et le manque de renseignements sur les marchés et les chaines de valeur d’accès aux fonds propres et aux garanties.

Opportunités

De récentes études indiquent que les marchés financièrement plus diversifiés sont associés à un meilleur accès au financement. Les recommandations politiques préconisant de soutenir un paysage financier plus diversifié et d’améliorer la concurrence au sein du système financier, permettant ainsi à une variété d’institutions financières d’opérer (Love et Martínez Pería, 2015), peuvent avoir un impact positif sur le secteur. Un cadre réglementaire plus large, et en particulier l’administration fiscale et la gouvernance, peut également avoir un impact positif sur l’accès au financement.

Réformer l’infrastructure financière, notamment la sécurisation des transactions, le traitement de l’insolvabilité et d’autres aspects critiques comme les systèmes d’information sur le crédit, est susceptible d’améliorer le prêt aux PME. La réforme du cadre relatif aux garanties à la suite de l’élaboration des lois sur le droit foncier et le cadastre ainsi que la création d’un registre électronique pour la mise en gage d’actifs et de créances (registre des garanties) ont donné des résultats positifs pour accroitre l’accès des PME au financement en Afrique.

Outre le financement bancaire, il existe d’autres options pour financer la dette et les fonds propres, mais leur développement est encore à un stade embryonnaire en Afrique. Le développement des PME pourrait bénéficier des activités de crédit-bail (leasing) et d’affacturage, voire de capital-risque. 

Il est indispensable de disposer d’informations détaillées sur le crédit avec une large couverture pour combler le déficit de financement des PME. Pour de nombreuses banques, les états financiers d’une entreprise et la documentation officielle sont des éléments essentiels des dossiers de demande de prêt. La qualité et la fiabilité de ces états varient toutefois entre les pays et les entreprises. Souvent, les MPME n’ont pas les connaissances techniques nécessaires pour préparer dans les règles de l’art le genre d’états financiers nécessaires aux demandes de prêt. Les services d’aide au développement des entreprises peuvent les aider à renforcer leurs capacités dans ce domaine. Les réformes réglementaires qui encouragent les entreprises informelles à s’enregistrer officiellement auprès des autorités peuvent aussi conduire à une meilleure information et documentation sur les entreprises (Bruhn 2013 ; et Campos, Goldstein et McKenzie, 2015).

Enfin, nous pensons que la technologie numérique en Afrique peut avoir un effet disruptif positif sur le secteur bancaire traditionnel et créer de nouvelles infrastructures bancaires pour combler le déficit de services financiers.

Section 2 : Nos activités

MFW4A soutient la conception et l’offre de services financiers et non financiers variés pour les Petites et Moyennes Entreprises (PME). Nous mettons l’accent sur la fourniture de plateformes d’échange de pair à pair pour identifier et mettre à l’échelle les produits novateurs qui fonctionnent. Nous plaidons également en faveur de l’expansion des services financiers non bancaires comme le crédit-bail (leasing), les récépissés d’entrepôts, l’affacturage.

Gestion du savoir et recherche

Webinaires, notes de savoir, études de cas

Réseautage et plaidoyer

Conférences de haut niveau et tables rondes

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« Surmonter les défis du financement du commerce pour les PME en Afrique », séance de groupe lors du IFC Africa SME Finance Forum, Nairobi, Kenya

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Organisation d’une séance sur les services non financiers pour aider les PME à accéder aux marges du crédit durant la Semaine africaine de la microfinance

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Participation à la conférence inaugurale sur le leasing en Afrique, Casablanca, Maroc, organisée par l’Association Professionnelle des Sociétés des Financement (APSF–Maroc) et la SFI

Appui aux projets et renforcement des capacités

Formations et opportunités d'affaires

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5ème réunion statutaire du Réseau UEMOA des structures d’appui aux PME (SA-PME / UEMOA) à Ouagadougou, Burkina Faso

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Création en 2012 du Réseau régional formel des structures d’appui aux PME dans l’espace UEMOA (Réseau SA-PME/UEMOA)

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