Marchés obligataires

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Les marchés de la dette sont les marchés où se négocient les instruments de créance pour mobiliser des financements, par le biais de l’emprunt. Par obligations, l’on entend les titres émis avec une échéance supérieure à un an, et par instruments des marchés monétaires, l’on entend les titres de créances avec des échéances plus brèves, notamment les bons du trésor, dont l’échéance peut atteindre un an. Des marchés nationaux de la dette profonds et bien fonctionnels jouent un rôle important dans le financement des budgets des gouvernements, ainsi que dans la facilitation des flux de financements à long terme émanant des investisseurs et destinés aux entreprises privées. Les titres à long terme constituent d’importants instruments d’investissement pour les investisseurs institutionnels tels que les caisses de retraite et les sociétés d’assurance, qui visent la symétrie avec leur passif qui est de nature à long terme.

Les marchés de la dette d’Afrique subsaharienne sont dominés essentiellement par les titres d’État à court terme, les activités étant concentrées sur le marché primaire intérieur, et les activités sur le marché secondaire étant limitées. Les marchés de la dette des entreprises sont pratiquement inexistants en Afrique, à l’exception de l’Afrique du Sud et, dans une moindre mesure, de certains pays d’Afrique du Nord. Le manque de titres d’État à échéances plus longues limite la capacité à établir une courbe de rendement qui servirait de référence pour la tarification des obligations de société.

Alors que l’on enregistre quelques transactions concernant les obligations sur le marché secondaire des bourses africaines des valeurs mobilières et de la Bond Exchange of South Africa, qui est l’unique bourse des obligations d’Afrique, les transactions sur la plupart des marchés sont limitées aux transactions hors cote. Le taux de rotation est faible, la plupart des titres étant détenus jusqu’à l’échéance.

Ces dernières années, un certain nombre de gouvernements africains sont entrés sur les marchés internationaux, par le biais d’émissions d’obligations. Plusieurs gouvernements africains ont procédé à l’émission d’obligations sur le marché international non seulement pour financer leurs budgets nationaux, mais aussi pour établir leur présence sur les marchés internationaux et avoir accès aux pools internes de fonds. Toutefois, la crise financière et le changement d’attitude qui a suivi chez les investisseurs ont amené plusieurs pays africains, notamment le Ghana, le Kenya, la Tanzanie et le Sénégal, à repousser à plus tard les émissions d’obligations souveraines envisagées.

À mesure que s’améliorent les bilans souverains, à la faveur de l’allègement de la dette extérieure et de la mise en œuvre de politiques macroéconomiques judicieuses, le nombre de notations souveraines en Afrique subsaharienne, condition clé à remplir au préalable pour l’émission d’obligations sur les marchés internationaux, a augmenté. À l’heure actuelle, près de la moitié des pays d’Afrique subsaharienne ont une notation souveraine, contre trois pays seulement (Afrique du Sud, Sénégal et Maurice), il y a huit ans.