Marchés des capitaux

stock exchange Lagos, Nigeria; by S.Remeika

Des marchés des capitaux profonds, transparents et accessibles constituent un élément vital du secteur financier. En tant que mécanisme de financement des investissements à long terme et de diversification des sources de financement, les marchés des capitaux renforcent l’économie globale et en accroissent la résilience face aux chocs économiques.

Les marchés financiers africains sont dominés par les banques, mais les marchés des capitaux se développent petit à petit et commencent à jouer un rôle de plus en plus important.

Depuis 1989, le nombre de bourses des valeurs mobilières en Afrique subsaharienne est passé de cinq (Afrique du Sud, Zimbabwe, Kenya, Nigeria et Ouganda) à 17 actuellement. Toutefois, quelques bourses seulement, notamment la Johannesburg Stock Exchange, sont actives et bien développées. La capitalisation boursière demeure d’un faible niveau, et à l’exception du Nigeria et de l’Afrique du Sud, toutes les bourses des valeurs mobilières d’Afrique subsaharienne sont caractérisées par le nombre relativement petit des sociétés cotées.

Les marchés des obligations en Afrique se trouvent également aux stades initiaux de développement. Les marchés de la dette d’Afrique subsaharienne sont dominés par les titres d’État, avec essentiellement de brèves échéances et des activités centrées sur le marché primaire intérieur, les activités sur le marché secondaire étant limitées. Les marchés de la dette des entreprises sont pratiquement inexistants en Afrique, à l’exception de l’Afrique du Sud et, dans une moindre mesure, de certains pays d’Afrique du Nord. Il n’existe pas de courbes de rendements de référence, ou quand il en existe, leur portée dépasse rarement cinq ans.

Les modèles de régulation des marchés des capitaux diffèrent considérablement à travers l’Afrique, étant donné que les structures législatives et règlementaires varient d’un pays à l’autre, reflétant aussi bien les conditions sur le marché local que les divers contextes historiques. Dans certains pays, la responsabilité de la régulation des marchés des capitaux incombe à la banque centrale, mais dans d’autres, elle revient au ministère des finances ou à une commission ou autorité indépendante des titres. Dans d’autres encore, le rôle de régulation de ces marchés est assigné à un autre ministère ou à un organisme public, ou encore à la bourse elle-même, en tant qu’entité autorégulée.

Les investisseurs institutionnels nationaux (tels que les banques, les sociétés d’assurance, les caisses de retraite) et les investisseurs privés locaux dominent la base des investisseurs des marchés des capitaux d’Afrique. À la faveur des réformes de la sécurité sociale, les caisses de retraite et les sociétés d’assurance entendent augmenter l’épargne à long terme à injecter sur les marchés. L’amélioration du niveau d’alphabétisation financière et les perspectives favorables en matière de rendement contribueront à accroître la participation des investisseurs privés nationaux. De même, les investisseurs de la diaspora africaine devraient jouer un plus grand rôle au cours des années à venir.

L’importance des investisseurs internationaux pour les marchés africains s’est accrue, ces dernières années. Du point de vue des investisseurs internationaux, la plupart des marchés du continent sont encore considérés comme des marchés intermédiaires à haut rendement, mais aussi à haut risque et à faible liquidité. Toutefois, ces dernières années, un certain nombre de gouvernements africains sont entrés sur les marchés internationaux, par le biais d’émissions d’obligations. À mesure que les bilans souverains s’améliorent, à la faveur de l’allègement de la dette extérieure et de la mise en œuvre de politiques macroéconomiques judicieuses, le nombre de notations souveraines en Afrique subsaharienne, condition clé à remplir au préalable pour l’émission de titres sur les marchés internationaux, a augmenté. Toutefois, jusqu’à présent, une infime proportion seulement des investissements des marchés émergents est destinée aux marchés intermédiaires africains.