Capital-Investissement

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Les fonds de capital-investissement sont vus comme des instruments de placement constituant des fonds privés, gérés par un gestionnaire de fonds qui investit dans des entreprises non cotées et des catégories d'actifs dont la valeur n'est pas négociable publiquement et/ou au rachat d'entités issues d'actifs publics délistés. Fonds propres et engagements en capital sont normalement levés au moment de leur création, qui fixe les objectifs de  capitalisation et qui définit un partenariat à durée déterminée (renouvelable pour certains capitaux), généralement pour 5 à 10 ans, durée pendant laquelle les contributions des investisseurs sont bloquées pour la durée de vie du fonds.  

Les fonds de capital-investissement proposent une large gamme de stratégies d'investissement. La plupart d'entre eux se consacrent aux investissements en capital risque qui investissent dans des start-ups afin de soutenir leur lancement et leur décollage, aux investissements de croissance et d'expansion et aux investissements de type dette mezzanine (mélange d'emprunt et de fonds propres) pour faciliter la croissance ou des opérations de réorganisation d'entreprises installées, au capital retournement qui permet d'investir dans des entreprises en insécurité et en difficulté financière, et aux rachats qui opèrent un transfert des actifs d'actionnaires existants. Certains fonds de capital-investissement sont également spécialisés dans des secteurs comme l'infrastructure, l'immobilier ou les ressources naturelles. D'autres adoptent des stratégies d'investissement indirectes en recourant à des fonds secondaires qui investissent dans des actifs de capital-investissement existants et dans des fonds de fonds qui n'aboutissent pas directement à des investissements mais qui sont constitués d'un portefeuille d'investissements dans d'autres fonds d'investissements.  

La forte croissance, les climats d'investissement en progrès et les importants retours sur investissement qui sont devenus les caractéristiques de nombreux marchés africains ont aidé à stimuler la mise en place  d'un potentiel de capitaux-investissements intérieurs ainsi que la croissance rapide et la diversification des marchés du capital-investissement sur tout le continent africain. Selon un récent rapport sectoriel produit par la société Prequin fin 2010, 172 gestionnaires de fonds ont un service dédié à la région Afrique mais seulement 20 % de tous  les fonds d'investissement privés actifs en Afrique ont un siège social sur le continent africain. Les gestionnaires de fonds africains sont regroupés dans quelques pays comme l'Afrique du sud qui en héberge 59 % et l’Égypte, l’Île Maurice et le Maroc qui en hébergent respectivement 9, 7 et 6 %.  

Les tendances de l'investissement en Afrique sont également réparties entre quelques secteurs comme l'exploitation minière et la banque mais il s'étend de plus en plus aux autres secteurs comme le secteur alimentaire et les boissons, la santé et les télécommunications, ainsi que quelques niches de marché comme l’agroalimentaire et les énergies renouvelables.  

Alors que la part du capital-investissement dans cette région reste modeste comparé aux autres marchés (selon l'EMPEA, l'Afrique sub-saharienne, par exemple, ne représentait en 2010 que 6 % des fonds levés pour les marchés émergents), des perspectives de croissance importantes sont attendues à moyen et à long terme, grâce aux nouveaux instruments mis en place sur les marchés frontière ainsi que du fait de la disponibilité de quantités importantes de capitaux internationaux.   

De plus, et alors que la crise économique et financière mondiale n'a pas affecté le marché africain des capitaux-investissement, la levée de fonds s'est avérée assez stable et 20 fonds ont totalisé un capital cumulé de 5,65 milliards de $ en 2008 et 14 fonds, un capital total de 3,41 milliards en 2009. Fin 2010, les chiffres de l'étude Prequin indique que 71 fonds dédiés à l'Afrique étaient à l’œuvre, afin de collecter  un engagement de capital cumulé de 24,9 milliards de $.    

Les fonds de capital-investissement sont également devenus un outil d'importance croissante pour les agences de développement économique et les institutions de financement du développement (IFD), en leur permettant d'agir sur la croissance économique, notamment par le biais de stratégies de développement du secteur privé.  

Les IFD s'attachent particulièrement à faciliter l'accès au capital-investissement aux PME qui n'y auraient pas accès du fait du haut niveau de risque qu'elles représentent pour les investisseurs. D'un côté, les IFD, qui sont très souvent des pionniers, peuvent combler ce fossé en mettant en place divers dispositifs, parmi lesquels l'utilisation de fonds de capital-risque locaux comme intermédiaires ou la mise en place d'environnements juridiques et réglementaires facilitateurs pour ce secteur.  

D'autre part, les entreprises d'investissement disposant fonds propres peuvent capitaliser sur les opportunités de certaines niches de marché auxquelles les banquiers et les investisseurs traditionnels  ne s'intéressent pas et elles en sont les partenaires privilégiés et les financiers, ouvrant des possibilités de collaboration tout à fait exceptionnelles.  

En tant que tel, les fonds de capital-investissement ont un rôle important à jouer pour combler les vides financiers et pour soutenir la croissance et le développement du secteur privé. De nombreuses entreprises africaines font face à de grosses difficultés pour trouver des capitaux ; leur accès à des crédits privés auprès des banques commerciales et des autres institutions financières est souvent difficile et la plupart des marchés africains des actions et des titres de créance en sont à leurs balbutiements.  

En réponse à ces problèmes, les fonds de capital-investissement peuvent proposer une autre solution aux investisseurs locaux et étranger pour investir sur les marchés émergents africains, ainsi qu'aux entreprises privées pour obtenir des financements complémentaires. Leur horizon d'investissement à moyen terme peut également attirer des capitaux pour les entreprises et les projets avec des coûts de démarrage importants et un retour sur investissement un peu tardif. Les investissements sur les marchés émergents ont eu tendance à examiner la croissance plus que l'équilibre financier, ce qui peut aboutir à des sources de financement plus stables pour la croissance à long terme. Les fonds de capital-investissement qui comportent des investisseurs actifs fournissent également souvent des ressources techniques et/ou de direction, lesquelles permettent de développer le capital humain et le savoir de l'entreprise.  

L'investissement en Afrique doit néanmoins encore faire face à de nombreuses contraintes, parmi lesquelles le manque de disponibilité du capital humain avec les savoir-faire de direction, parmi lesquels a capacité à identifier, à soutenir ou à exclure des entreprises, ceci étant toutefois compensé par le fait qu'en conséquence de la crise financière internationale, un certain nombre de dirigeants de la diaspora hautement formés aient choisi de rentrer chez eux. Parmi les autres difficultés, on compte un accès difficile à des informations fiables sur le marché, la mauvaise gouvernance d'entreprise et surtout, le manque d'un environnement de sortie, condition préalable au développement d'un marché du capital-investissement.