Intégration financière régionale

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L’intégration financière régionale (IFR) renvoie aux initiatives visant à élargir et approfondir les circuits financiers au sein d’une région par des processus de marché ou institutionnalisés. L’intégration passe par l’élimination des obstacles aux investissements transfrontières et du traitement différencié des investisseurs étrangers dans la région, mais peut aussi faire intervenir l’harmonisation des législations, des politiques et des institutions, ce qui peut avec le temps amener des marchés financiers nationaux à fonctionner effectivement comme un seul marché.

La plupart des marchés financiers africains étant exigus et fragmentés, leur consolidation par l’intégration financière régionale offre de nombreux avantages:

  • Regrouper une épargne faible, des projets d’investissement viables et l’infrastructure financière ;
  • Augmenter le nombre et le type d’institutions et d’instruments financiers ;
  • Accroître la concurrence et l’innovation ;
  • Réduire les inefficacités de prêt avec l’élargissement du nombre de projets susceptibles de bénéficier d’un concours financier ; et
  • Élargir les opportunités de diversification du risque.

En outre, l’IFR peut contribuer à améliorer les organes de régulation et de supervision, prémunir les banques centrales contre les excès domestiques, harmoniser les législations et institutions régionales et créer des opportunités supplémentaires d’apprentissage par l’action.

Des unions monétaires ont été proposées pour promouvoir l’intégration. Il existe actuellement en Afrique trois zones monétaires communes, à savoir la zone monétaire commune basée sur le rand sud-africain et les deux zones CFA.
Des initiatives comme la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) et nombre d’autres sont destinées à intégrer les marchés de capitaux africains. Le comité des Bourses de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a adopté une stratégie visant à constituer un réseau intégré en temps réel des marches des valeurs mobilières de la région. Il est également parvenu à harmoniser les règles d’admission à la cote.

Si les avantages de l’IFR en Afrique sont de plus en plus reconnus et certaines initiatives régionales sont en cours, les avancées vers l’intégration financière régionale sont jusqu’à présent limitées. Cette lenteur est en partie imputable aux choix politiques difficiles que les gouvernements doivent opérer entre programmes nationaux, régionaux et internationaux sans oublier les initiatives multirégionales, de par l’appartenance à plusieurs communautés économiques régionales (CER), et à la difficulté d’abandonner la propriété nationale de l’infrastructure du marché. Qui plus est, les coûts financiers de l’intégration sont parfois jugés prohibitifs, surtout pour les petits pays qui perçoivent ces coûts comme tangibles et immédiats, alors que les avantages semblent abstraits et éloignés dans l’avenir.

L’IFR peut jouer un rôle considérable dans le développement des marchés financiers domestiques en Afrique. À cette fin, les dirigeants pourraient définir une stratégie cohérente d’IFR fondée sur les intérêts nationaux, mais ouverte aux objectifs régionaux. L’expérience des pays africains montre jusqu’à présent que si les organisations régionales sont faciles à constituer, il peut se révéler particulièrement ardu de les faire avancer.