Notation de crédit

magnifying glass showing a graph

Les agences de notation fournissent aux investisseurs des « opinions » indépendantes et tournées vers l’avenir sur la solvabilité d’un débiteur – sa capacité et la volonté d’assurer intégralement et à temps le service de la dette pour une obligation financière spécifique, une catégorie d’obligations financières ou un programme financier spécifique tel que l’émission d’un papier commercial. Ces évaluations prennent la forme d’une cote de crédit.

Les cotes de crédit peuvent être à long terme ou à court terme selon l’échéance de l’instrument, une distinction étant faite entre la capacité à assurer le service de la dette en devises et en monnaie locale. Les cotes de crédit peuvent être abaissées si l’agence de notation considère que des changements importants intervenus dans la situation financière d’une entité émettrice justifient une révision de la note.

Les agences de notation jouent un rôle important sur les marchés financiers mondiaux. Pour les investisseurs, elles sont censées servir de mécanisme d’évaluation du risque et de suivi de l’exposition. Pour les émetteurs, avoir une cote de crédit peut augmenter le pool potentiel d’investisseurs et abaisser par la même occasion le coût de financement. En fournissant des informations indépendantes aux investisseurs, les agences de notation facilitent l’accès au financement sur les marchés domestiques et internationaux.
À ce jour, à peine quelques pays africains ont obtenu des agences de notation une évaluation de leur solvabilité. En juin 2009, figuraient sur la liste l’Afrique du Sud, le Botswana, le Cameroun, le Cap-Vert, le Kenya, le Lesotho, le Malawi, le Maroc, Maurice, la Namibie, le Rwanda et la Tunisie. À mesure que se développent les marchés de capitaux domestiques et qu’augmentent les instruments à évaluer, il deviendra plus attrayant et avantageux pour les agences de notation de mener des évaluations de solvabilité en Afrique. Plus important encore, des agences de notation locales ont vu le jour dans un certain nombre de pays africains, contribuant à élargir la couverture de marchés locaux.
La crise financière a de plus en plus placé les agences de notation dans le collimateur, pour avoir attribué la catégorie investissement à des titres adossés à des créances hypothécaires basés sur des prêts hypothécaires à très haut risque dont les risques avaient été sous-estimés. En effet, les critiques soutiennent que les modèles des agences de notation souffrent de conflits d’intérêt implicites, dans la mesure où elles sont payées à la fois par les émetteurs et par les maisons de courtage des titres qu’elles évaluent, et des propositions d’une nouvelle régulation de leurs activités ont été faites récemment au plan international. Malgré ces critiques, il y a fort à parier que les agences de notation demeureront un pan essentiel de l’infrastructure d’information requise.