Finance Rurale et Agricole

La finance rurale comprend tout l’éventail de services financiers requis – prêts, épargne, assurance, et services de paiement et de transfert d’argent –, offerts ou utilisés dans les zones rurales par les ménages et les entreprises. La finance rurale couvre la finance agricole.

Par finance agricole, l’on entend les services financiers allant des prêts à court, moyen et long termes, au crédit-bail, à l’assurance cultures et élevage, couvrant toute la chaîne de valeur dans le secteur de l’agriculture : approvisionnement en intrants, production et distribution, vente de gros, traitement et commercialisation.

Les services financiers ruraux et agricoles sont fournis par les institutions financières formelles et informelles, ainsi que par le biais d’arrangements financiers au sein de la chaîne de valeur agricole.

Alors que la majorité des populations africaines résident dans les zones rurales et dépendent de la production agricole, l’offre de services financiers au secteur de l’agriculture est insuffisante, une proportion de tout juste 5 % des ressources intérieures en moyenne étant allouée à ce secteur.

De nombreuses raisons expliquent le manque d’accès à la finance dans les zones rurales et dans la chaîne de valeur agricole. Au nombre de ces raisons, l’on pourrait citer les lenteurs et les inégalités dans l’entrée des institutions financières formelles dans les zones rurales, qui maintiennent souvent les services financiers hors de la portée des clients ; la réticence des institutions financières à fournir des services financiers pour appuyer les activités agricoles et rurales, dont le profil de risque n’est fréquemment pas pleinement compris et qui sont souvent de nature informelle.

Des facteurs tels que le mauvais état de l’infrastructure et l’éparpillement généralisé de la population dans les zones rurales, font augmenter les coûts de transaction et d’information, entravant aussi de ce fait l’expansion des services financiers. Par ailleurs, les titres fonciers et les droits de propriété peuvent être difficiles à vérifier dans les zones rurales, ce qui pose des problèmes pour leur utilisation comme garanties. Les programmes de prêt subventionnés en faveur des bénéficiaires ruraux ont également contribué à obstruer le développement d’un secteur bancaire rural viable en Afrique.

Les agriculteurs et les sociétés agricoles comptent habituellement sur des revenus saisonniers et doivent attendre pendant longtemps la maturation des cultures, en plus d’être exposés à des risques considérables. Le caractère saisonnier des activités agricoles requiert des services financiers et des conditions bien adaptés, notamment des échéances plus longues, avec des différés d’amortissement, des remboursements moins fréquents ou la location de produits. Les risques agricoles à prendre en considération sont notamment la variation des prix des intrants et des produits ou les récoltes déficitaires, du fait des prédateurs des cultures et des problèmes phytosanitaires, des températures ou des changements dans les précipitations.

En dépit de ces difficultés, la finance rurale et agricole formelle fait des progrès sur le continent, à la faveur de l’offre de services financiers innovants et de l’amélioration de la gestion des risques, aussi bien au niveau des clients qu’à celui des institutions. Les approches les plus prometteuses sont notamment les régimes flexibles de crédit, la finance destinée à la chaîne de valeur, les produits d’assurance, la promotion de l’alphabétisation financière, et l’utilisation des nouvelles technologies.

Les principaux exemples à cet égard sont l’introduction de régimes indexés d’assurance intempéries au Malawi, les campagnes d’alphabétisation financière au Ghana, ou l’expansion des services bancaires mobiles au Kenya. Par ailleurs, les clients ruraux et agricoles continuent de s’adresser aux institutions financières telles que les coopératives d’épargne et de crédit ou les banques villageoises.

Centre de Ressources

Finance Rurale – Centre d’apprentissage

Ce Centre d’apprentissage vise à aider les organisations des pays en développement à renforcer leurs capacités à offrir des services financiers qui répondent aux besoins des ménages ruraux et entreprises rurales.