Crise Financière

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Les économies africaines n’ont pas échappé aux effets de la crise financière sur l’économie mondiale. Après le recul de la croissance à l’échelle mondiale, la Banque africaine de développement estime que la croissance du PIB sur le continent devrait reculer pour tomber à 2,8 % en 2009, soit moins de la moitié du chiffre de 5,7 % prévu avant la crise.

Alors que les effets de la crise financière mondiale sur l’Afrique continuent d’évoluer, les secteurs financiers sur le continent ont fait preuve d’une remarquable résilience face aux effets de la crise, bénéficiant des niveaux élevés de capitalisation et de liquidité.

Les effets initiaux de la crise se sont manifestés sous forme de réduction des entrées de capitaux, de grands marchés tels que le Nigeria et l’Afrique du Sud étant confrontés à des sorties nettes de capitaux supérieures aux rentrées. Le niveau plus élevé des sorties nettes de capitaux a fait augmenter la demande de dollars et d’autres devises fortes, ce qui a conduit à la dépréciation de plusieurs monnaies africaines. Selon les estimations, les envois de fonds par les travailleurs migrants ont connu une baisse de 4,5 % à 8 % au cours de 2009.

Bien que l’on observe depuis lors un certain redressement, les marchés des titres de capitaux propres se sont considérablement enfoncés : l’indice Merrill Lynch Africa Lions, qui couvre 15 pays africains, a chuté de 70 % sur la période de mars à décembre 2008.

Par ailleurs, le resserrement du crédit et l’aversion accrue pour le risque à travers le monde ont entraîné de sérieuses difficultés, tant pour le financement du commerce que pour l’obtention de financements à long terme sur les marchés internationaux à un coût raisonnable, comme en témoigne l’élargissement des écarts sur obligations, depuis juin 2007.

Plusieurs pays africains ont repoussé à plus tard leurs plans visant à s’adresser aux marchés internationaux pour le financement de leurs plans de croissance et de leurs investissements d’équipement. 

Face à la nécessité d’une coordination internationale de la réponse à la crise, les pays africains ont mis sur pied le Comité des 10 (C-10) lors d’une réunion des Ministres des Finances et des Gouverneurs des banques centrales d’Afrique, tenue à Tunis en novembre 2008, sous les auspices du Groupe de la Banque africaine de développement (BAfD), en collaboration avec la Commission de l’Union africaine (CUA) et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA). 

Le rôle du C-10 est de suivre l’impact de la crise en Afrique, d’évaluer les réponses régionale et internationale, et de faire des propositions pour aider les économies africaines à atténuer les effets de la crise.