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Une banque américaine cesse les transferts d'argent somaliens

05.02.2015

La décision pourrait avoir un « impact catastrophique », selon les ONG.

Une banque américaine vient d'annoncer qu'elle va cesser toute activité avec les entreprises qui transfèrent les fonds de Somaliens vivant aux États-Unis vers leur famille en Afrique.

La Merchants Bank of California, qui a fait cette annonce la semaine dernière, gère entre 60 et 80 pour cent des transferts de fonds à destination de la Somalie. Pratiquement toutes les grandes banques américaines ont aujourd'hui cessé les services de transfert de fonds vers cette destination.

La banque a déclaré que le Bureau du contrôleur de la monnaie (OCC), un bureau indépendant au sein du Département du Trésor des États-Unis, avait émis avec une « ordonnance de consentement » lui ordonnant de renforcer ses politiques et procédures pour détecter d'éventuelles violations de la loi.

« Nous ne pouvons pas, de bonne foi, respecter les obligations de l'ordonnance par consentement, compte tenu de la complexité de notre entreprise », a déclaré la banque.

L'économie du pays a pendant de nombreuses années été dépendante des envois de fonds des migrants. L'ONU estime que 40 pour cent de la population somalienne vit de ces envois de fonds.

Les États-Unis sont la plus grande source des envois de fonds, représentant près de 20 pour cent du total, selon Oxfam.

« Les entreprises de transfert de fonds et l'ensemble du secteur sont l'épine dorsale de l'économie somalienne. Nous pensons que cela va avoir un impact grave et potentiellement catastrophique », a déclaré Degan Ali, directeur exécutif du groupe humanitaire et de développement Adeso, cité par la Fondation Thomson Reuters.

De nombreuses banques à travers le monde ont décidé de fermer les comptes bancaires des sociétés de transfert d'argent somaliennes, par crainte que l'industrie du transfert de fonds nationale ne soit utilisée pour le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Les banques estiment également que l'industrie somalienne ne répond pas aux nouvelles exigences réglementaires.