Finance informelle

a fruit and vegetable market

La finance informelle est un concept large couvrant tout un éventail d’activités et services financiers se situant en dehors du champ de compétence des institutions financières formelles du pays et échappant à la règlementation du secteur financier. La finance informelle est courante aussi bien dans le contexte urbain que dans le contexte rural, et est habituellement basée sur les relations personnelles et la proximité socioéconomique. 

Contrairement à ce qui se passe dans le cas de la finance formelle, la plupart des fournisseurs informels privilégient un seul service : épargne, crédit, transfert d’argent ou assurance, plutôt que d’offrir un paquet de services. Les arrangements en matière de finance informelle en Afrique varient des collecteurs de dépôts d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale connus sous les appellations de collecteurs susu ou esusu et de tontines, aux transferts d’argent transfrontaliers appelés hawala, qui sont courants en Afrique du Nord et en Afrique de l’Est, et aux stokvels qui sont depuis longtemps une caractéristique de la vie financière en Afrique du Sud.

En Afrique de l’Ouest, les collecteurs susu ou esusu fournissent l’accès au crédit ainsi que la possibilité d’épargner et de retirer l’argent, moyennant le paiement d’une petite commission. Dans le cas du système susu, l’épargnant accepte de déposer un montant précis, déterminé en consultation avec le collecteur, pour une période convenue (généralement un mois). À l’expiration de cette période, le collecteur susu restitue l’épargne cumulée au client, en retenant l’épargne correspondant à un jour, en tant que commission.

Les tontines sont un autre moyen important de mettre en commun les ressources. Il s’agit d’un groupe d’individus convenant de payer régulièrement de petits montants dans une caisse commune, la tontine ; les fonds ainsi recueillis sont prêtés à un membre de la tontine, sans intérêts, pour une échéance d’un mois. En général, les membres de la tontine partagent des intérêts similaires ou des relations communes qui renforcent le contrôle social et garantissent le fonctionnement du système.

Le système hawala est un moyen traditionnel de transfert d’argent au-delà des frontières ou à l’intérieur d’un même pays. Le transfert de fonds s’effectue en recourant à un réseau d’intermédiaires hawala (les hawaladars) qui prélèvent une commission ou un différentiel de taux de change, en échange de leurs services. La force du système hawala réside dans sa rapidité, son coût abordable, sa confidentialité et sa disponibilité immédiate.

Le stokvel, qui est un régime courant d’épargne de groupe en Afrique du Sud, est similaire aux régimes des tontines: ses membres se réunissent sur une base mensuelle et déposent un certain montant d’argent dans une caisse commune. Le montant cumulé est ensuite versé à un membre, sur une base rotative. En Afrique du Sud, la First National Bank offre des comptes bancaires spéciaux stokvels pour l’épargne de groupe, et en 2002, une proportion d’environ 12 % de la population était membre d’un stokvel.

Les arrangements en matière d’assurance funéraire sont un produit courant des associations informelles d’assurance à base communautaire, dans le cadre d’une confrérie d’enterrement, et visent à garantir la disponibilité de fonds suffisants pour couvrir les frais de funérailles. Environ 28 % de la population sud-africaine et 21 % de la population des pays membres de la SACU sont membres d’une confrérie d’enterrement basée sur les contributions de souscripteurs volontaires.